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Histoire de Peintures

 

Claude Monet (Les coquelicots, 1873)

 

Dans une campagne vallonnée, près d’Argenteuil, où Monet habitait alors, deux promeneuses et leurs enfants traversent les herbes hautes, mais elles n’ont pas de rôle dans le tableau. Seules intéressent l’artiste les notes vives des fleurs éclatant sur le vert blond de la campagne qui s’épand comme une mer jusqu'à l’horizon, unique ligne stable de la composition avec les silhouettes des arbres. Monet, peintre des vastes nappes liquides, « le Raphaël de l’ eau », disait Manet, aime aussi, peut-être pour des raisons très voisines, les grandes étendues d’herbages qui ondulent en été sous le vent. Le thème du champ est d’ailleurs un des motifs favoris des impressionnistes, car il permet d’infinies modulations de nuances. L’auteur a repris plusieurs sujets analogues sous des titres divers: promenade dans la prairie, Champ de coquelicots. Abandonnant peu à peu la figure humaine, il en viendra à ne plus s’attacher qu’à des études de lumière et d’atmosphère. Cézanne disait, administratif : « Monet, ce n’est qu’un œil, mais quel œil ! » Quelle acuité d’œil en effet est nécessaire pour saisir l’exacte tonalité beige et blanche qui met sur les prairies ce velouté particulier du début de l’été ! Monet y ajoute l’éclat de ce rouge qu’il apprécie tout spécialement , le rouge des coquelicots, le rouge des géraniums.

 

 

 


Pablo Ruiz y Picasso (Guernica, 1937)

 

Guernica est une œuvre de dénonciation et de protestation contre le bombardement de la petite ville basque qui donne le nom au tableau, contre la violence, la barbarie et la guerre. Les formes, les couleurs ( peu nombreuses ), les déchirures, les contrastes font de Guernica le manifeste politique de Picasso, l'emblème de la participation de l'artiste aux drames de notre temps. Picasso peint Guernica en quelques semaines pour l'exposer sur le mur du pavillon exposition de Paris de 1937, dédiée au progrès et à la paix. Immédiatement sa signification va bien au delà de la simple protestation : le tableau devient une manifestation de la culture dans la lutte politique, mieux, le symbole de la culture qui s'oppose à la violence. Picasso oppose la création de l'artiste à la destruction de la guerre. espagnol de l'

 


 

 

Théodore Géricault (Le radeau de la méduse, 1819)

 

"Le radeau de la Méduse" de Géricault fit sensation au salon de 1819 ! Car, pour la première fois, un peintre livrait au public la reconstitution la plus réaliste possible d'un évènement d' actualitétrois ans plus tôt, au large du Cap Blanc . 390 morts et seulement dix survivants, après une dérive interminable sur un radeau de fortune ... Pour y parvenir, Géricault s'était lancé dans une véritable enquête journalistique. Après avoir écouté le témoignage de deux rescapés, il avait fait réaliser une maquette du radeau par le propre charpentier du navire. Et il avait même persuadé des brancardiers de l' hôpital Beaujon de lui prêter des cadavres humains, et des membres sectionnés ! N'hésitant pas à laisser pourrir quinze jours sur son toit, en plein soleil , la tête d'un voleur, afin d'étudier toutes les tonalités de sa décomposition ! Le moment venu de peindre ses personnages sur la toile , il fit même poser ses modèles pendant des jours dans ce charnier, au milieu des rats et des odeurs de putréfaction. Comme ce fut le cas de son amiteint de moribond avait fasciné Gericault . Il servit donc de modèle pour le père ! Et voilàtel effet sur le public de 1819. Son réalisme morbide avait centavance sur le cinéma et la télévision . Le naufrage de la frégate royale "La Méduse", survenue Lebrun, qui venait d'attraper la jaunisse et dont le comment "Le radeau de la Méduse" fit un tel effet sur le public de 1819. Son réalisme morbide avait cent cinquante ans d'avance sur le cinéma et la télévision.

 

 


 

Gustave Caillebotte (Les raboteurs de parquet, 1875)

 

Ce tableau constitue une des premières représentations du prolétariat urbain. Si les paysans (Des glaneuses de Millet) ou les ouvriers des campagnes (Casseurs de pierres de Courbet) ont souvent été montré , les ouvriers de la ville ont très rarement fait l'objet de tableaux. Contrairement à Courbet ou Millet, Caillebotte, bourgeois aisé, n'introduit aucun discours social, moralisateur ou politique dans son oeuvre. L'étude documentaire (gestes, outils, accessoires) le place parmi les réalistes les plus chevronnés. Caillebotte a suivi une formation académique auprès de Bonnat, et la perspective accentuée par l'effet de plongée et l'alignement des lames de parquet est conforme à la tradition. L'artiste a dessiné une à une toutes les parties de son tableau, avant de les reporter au carreau sur la toile. Le torse nu des raboteurs est celui de héros antiques. Mais loin de s'enfermer dans ces exercices académiques, Caillebotte en exploite la rigueur afin d' explorer l'univers contemporain de manière inédite. Présenté au Salon de 1875, le tableau est refusé par le Jury, sans doute choqué par ce réalisme cru (certains critiques ont parl de "sujet vulgaire"). Le jeune peintre décide alors de se joindre aux impressionnistes et présente son tableau à la seconde exposition du groupe en 1876 où Degas présente ses premières Repasseuses. Les critiques sont impressionnés par cette grande page moderne, Zola notamment qui condamne cependant cette "peinture bourgeoise à force d'exactitude".


Jean-Léon Gérome (Vente d’une esclave, vers 1884)

 

Cette toile aux dimensions moyennes présente un spectacle étonnant : une captive dénudée, au joli corps de statuette de porcelaine, se cache le visage dans les mains avec pudeur. Les mains des Romains se tendent vers elle, avides d'acquérir cette esclave chère, proposée par un marchand ordinaire, alors que d'autres esclaves attendent tristement leur sort. Exposé lors du Salon de 1884, ce tableau fit la renommée de son créateur, l'académicien Jérôme. C'est justement contre ce genre d'oeuvre de salon que quelques peintres français du XIXe siècle se sont battus. Emile Zola, qui soutient avec détermination les recherches des impressionnistes dès leurs débuts, écrit au sujet de Jérôme : «Non, Monsieur Jérôme, vous n'avez pas peint un tableau, ... c'est une habile représentation, un thème traité avec plus ou moins d'ingéniosité, un produit à la mode... vous ne savez pas ce qu'est l'ardeur, l'élan tout-puissant qui s'empare des véritables artistes.» 

 

 

 
     
         

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