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Qu'est-ce-que l'Art?
 

Le mot  art vient du latin ars (habileté, métier, connaissances techniques). Le terme grec équivalent, technè (τέχνη), a évolué dans un sens différent, ne conservant que le sens de technique. On retrouve ici la classique évolution littéraire des racines latines et scientifique des racines grecques. C'est malgré tout et dans les deux sens: l'ensemble des gestes précis concernant une pratique maîtrisée entre la science théorique et la pratique spontanée, autant pour l'art de la menuiserie que pour les Beaux-Arts.

Philosophiquement, l'art se définit par sa dimension esthétique : il est une création d'œuvres visant à susciter une appréciation esthétique positive, c'est-à-dire à plaire et à toucher la sensibilité par leur seule forme, par leur seule apparence ou perception.

Art et esthétique

L'art est un jeu avec les apparences sensibles, les couleurs, les formes et les volumes, les sons. Jeu, il l'est de par sa gratuité même. Il est le double inutile du réel, il crée à partir de rien, ou presque, une apparence qui ne prétend pas même nous tromper; jeu plaisant en ce qu'il satisfait nos besoins éternels de symétrie, de répétition et de surprise que Charles Baudelaire, dans sa préface des "fleurs du mal", considérait comme l'origine de la poésie. Ainsi, à lire la "Critique de la faculté de juger "de Kant, le plaisir esthétique naîtrait moins de l'intensité et de la diversité des sensations que de la façon, en apparence spontanée, dont elles expriment une unité profonde, sensible dans leur chatoiement même mais inconceptualisable.

Art et attention au sensible 

L'art ne se contente donc pas de copier la nature. Pour autant, il ne se détourne pas d'elle, mais remonte jusqu'à la source. Dans la peinture de Cézanne, rappelle Merleaut Ponty, il ne s'agit jamais de la couleur en tant que simulacre des couleurs de la nature, mais de la dimension de couleur, où notre cerveau et l'univers se rejoignent. L'artiste est sensuel, il aime saisir la personnalité propre, le visage des choses et des matières, comme le petit morceau de mur jaune dont parle Proust à propos de Vermeer.

Si la notion de « beau » artistique qui a dominé l'histoire de l'art, depuis Platon jusqu'à Hegel a perdu aujourd'hui de sa reconnaissance, l’art cherche néanmoins toujours à utiliser le monde des sens pour pénétrer dans le monde esprit, ou peut-être même dans celui de l’âme.  Dans ce sens tourné vers l'esthétique, l'art est une représentation particulière, personnelle, de la nature métaphysique, d'un sentiment, du sacré… mais aussi, tout simplement d'un inconscient. de l’ (entre physique et surgi spontanément, voire consciemment

La notion de « représentation» prend alors un sens tout particulier si l'on veut saisir le sens de l'oeuvre d'art, et son rapport à la beauté. L'œuvre de l'art est une forme de « re-présentation », c’est-à-dire qu'elle présente autrement la réalité de l'univers. L'œuvre d'art ne vit pas de son rapport plus ou moins adéquat au réel, mais des affects qu'elle produit ; par exemple, les toiles de Munch ne représentent pas une forme de tristesse, mais produisent un sentiment, une émotion, qui pour certains s'appelle la tristesse, pour d'autres l'abomination. C'est peut-être parce qu'elle est productrice d'affects, et qu'elle est à elle seule un « univers », que l'œuvre d'art est belle (l'art contemporain est beau quand on a accroché à l'initiation que l'artiste cherche à nous procurer).

Arts plastiques

L'expression arts plastiques est d'origine ancienne plassein [πλάσσειν],  entre savoir théorique et savoir faire, traditionnellement opposé aux sciences et au droit). Ils désignaient alors les arts relatif au modelage tel la sculpture, la céramique et architecture.  Aujourd'hui on y ajoute les œuvres explorant les anciens et nouveaux médiums, et les nombreuses pratiques artistiques expérimentales. dans le monde occidental (du grec

L'adjectif plastique s'avérait nécessaire après l'héritage de l'art moderne, suite notamment au dadaïsme, aux collages surréaliste, à Marcel Duchamp et aux pionniers de l'art conceptuel. Questionnant les statuts de l'oeuvre, ces mouvements ont ouvert une brèche dans le champ du visible et de l'invisible, considéré comme des formes d'art à part entière. La multiplication des médiums a par la suite confirmé la validité de cette appellation, plus proche de démarches refusant la recherche du Beau comme fondement et remettants en cause la hiérarchie des arts et des supports. Les nombreuses avant-gardes, les performances et l'art éphémère.émoignent de cette "plasticité" du monde d'aujourd'hui.

Bien qu'imprécise et en concurrence avec l'arts visuels, l'arts appliqués ou décoratifs ou à certaines pratiques considérées comme populaires et artisanales, cette expression c'est imposée en art contemporain par l'usage d'artistes se qualifiant eux mêmes de plasticiens et par la commodité (trompeuse) de sa distinction avec d'autres familles artistiques au delà des activités de loisirs ou sportives: la musique, le spectacle vivant (théâtre, danse, cirque, etc.), la littérature et l'architecture. En tendant ainsi à recouvrir l'ensemble des objets abordés par l'histoire de l'art.(plus courant dans le monde anglo-saxon), mais souvent opposé dans le monde francophone aux

En France, la consécration des arts plastiques s'est faite en 1969 par voie institutionnelle, avec la création des premières unités d'enseignements et de recherches (UER) d'arts plastiques dans les universités de Vincennes (janvier 1969) et de Paris 1(novembre 1969). Cela dans l'opposition avec les enseignements de l'Ecole des Beaux-Arts (actuel ENSBA) qui symbolisait à cette époque l'approche traditionnelle, bousculé par les sciences humaines, et peu en phase avec les mutations contemporaines du champ artistique. Il s'agissait aussi pour l'Education Nationale de rénover l'enseignement artistique dans le secondaire en créant filières universitaires et concours de recrutement des enseignants. En ce sens la discipline Arts plastiques est un des lieux de formations artistiques, typiquement français, entre atelier, école et institut universitaire d'art, au sein des politiques culturelles de l'Etat. suite aux événements de

La place des arts plastiques dans la société : art moderne et art contemporain, la perte des repères

C’est Emmanuel Kant qui, au XVIIIe siècle, introduit le terme arts plastiques. Il inscrit alors cette discipline dans la tradition philosophique en l’identifiant aux arts de la forme. La notion d’arts plastiques n’apparaît officiellement que tardivement, c’est-à-dire dans les années 1970. Cependant on peut tout de même appliquer cette notion à la période moderne et contemporaine de l’art que nous situerons à partir de la remise en question de l’académisme puisque c’est à partir de cette période que s’ouvre réellement le champ de l’art. Déjà, une rupture émergea avec de nouveaux sujets picturaux. On compte parmi eux le "Déjeuner sur l’herbe" de Manet, œuvre rejetée par le salon officiel de 1863 mais exposée au salon des refusés la même année, ou encore son Olympia exposée quant à elle au salon officiel mais qui fit scandale. Puis dans la même série d’œuvres jugées « obscènes », on peut voir L’Origine du monde de Gustave Courbet. Ensuite c’est le mode de représentation qui est renouvelée, et l’un des précurseurs est Claude Monet avec son Impression, "soleil levant" exposé en 1874 dans l’ancien atelier du photographe Nadar convertit en Salon des indépendants. Ce tableau fut à l’origine du mouvement impressionnistes, nommé comme cela par un critique d’art lors de cette exposition. Après cela, d’autres mouvements naîtront encore du scandale. Une autre rupture fut celle de l’abstraction qui marque la perte d’un repère essentiel : la figuration. Enfin un autre repère disparaît avec l’avènement du ready-made de Marcel Duchamp : la dimension esthétique de l’œuvre. Quelle relation la société entretient elle donc avec les arts plastiques s’il n’existe plus ces repères qui furent les bases de l’art depuis, on pourrait dire, son origine ? Cette question est liée directement à la notion d’arts plastiques née avec une partie de l’art moderne et qui met en place de nouvelles formes et de nouveaux médiums allant jusqu'à l’hybridation des domaines artistiques et à l’apport d’autres spécialités non issues de l’art.

 
     
         

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